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Journal de l'Amicale

Numéro 1059 - Septembre-octobre-novembre 2009

- Editorial
- Pique-nique de Sceaux : " La recherche des grands espaces verts"
- Sortie d'été : " Viviers .... lieu de vie "
- Nos trois boursiers
- N-D des Neiges

<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<< LE MESSAGE DU PRESIDENT >>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>

Voici la fin de l’été et le retour vers Paris où de nombreux évènements organisés par notre Amicale nous attendent. Mais permettez-moi, tout d’abord, d’évoquer notre sortie d’été dans mon fief de Viviers où vous êtes venus très nombreux profiter d’une journée ensoleillée, variée, avec des intervenants très professionnels. Nous avons eu la rare opportunité de pouvoir faire une visite classique (le Viviers historique, Saint Ostian) et d’avoir accès au passé récent de notre histoire industrielle au travers de la visite de la cité Blanche et du témoignage de vie d’anciens habitants de cette cité.

Nous allons reprendre les visites d’exposition à notre rythme habituel d’une visite par mois. Nous vous invitons à voir les expositions, Louis C.Tiffany, Couleurs et lumière au Luxembourg en Octobre, la collection Brukenthal au Musée Jacquemart André en Novembre et le Siècle d’or Hollandais à la Pinacothèque en Décembre. Vous trouverez tous les détails dans ce journal.

Ces visites ne remplacent pas mais s’ajoutent à nos activités traditionnelles qui se déroulent au rythme d’une par mois. En octobre notre dîner de rentrée prendra cette année une forme originale. Il vous est offert la rare opportunité d’assister à la représentation de la pièce Sylvie de Roger de Pampelonne. Nous pourrons rencontrer les acteurs, échanger avec eux au cours de la collation qui suivra.

En novembre nous vous donnons rendez-vous le 11 à Vernon pour la commémoration en souvenir des Mobiles de l’Ardèche.
En décembre, nous invitons, grands, petits et tous petits le dimanche 6 au cirque Moreno pour notre traditionnel arbre de Noël.

Après ces chaudes vacances d’été, je vous souhaite une bonne rentrée parisienne.

Pierre de Lafarge


<<<<<<<<<<<<<<<< LA RECHERCHE DES GRANDS ESPACES VERTS PERDUS >>>>>>>>>>>>>>>>>>>

A Paris, les Ardéchois sont en manque d'espace et de nature. Mais ils ne rêvent pas pour autant de n’importe quelle utopie écologique ! Leur nature c’est celle qu’ils ont laissé là-bas, dans le zéro sept, à laquelle ils n’arrêtent pas de penser. Jean Ferrat l’a chanté pour nous le rappeler « que la montagne est belle ». Et avec inconscience nous l’avons tout de même quittée. Il y a aussi notre vénéré Vincent d’Indy qui nous fait toujours mourir de nostalgie dans l’évocation musicale de sa « symphonie pour un chant montagnard »…
Aussi il fallait imaginer comment trouver une réponse à ce besoin profond. Notre Président l'a fait.
Et c’est ainsi que nous nous sommes retrouvés ce dimanche 21 juin ; en plein équinoxe et loin de la bruyante fête de la musique ; pour un pique-nique dans le magnifique Parc de sceaux. Ce vaste jardin agencé à la Française avec bassins, pelouses, arboretum… offre de belles possibilités de faire un vrai déjeuner sur l’herbe et de longues marches au bord de l’eau.
Sous un grand chêne, nous partîmes 4 ou 5 à l'apéritif et nous terminâmes 32 au dessert. Le Saint Joseph et le Chatus circulèrent de tables en couvertures sur l’herbe. Les Ardéchois d’adoption firent même goûter une revigorante vodka de Saint Petersbourg. Des délicieuses salades variées, des saucissons et autres produits ardéchois, des chips, des desserts, plein de mets choisit avec cœur furent chaleureusement partagés ! Avec surprise je n’ai vu personne se régaler de crème de marrons. Mais contre toute attente, dans la froidure printanière de cette année, le soleil brilla. Il enveloppa même délicieusement ce déjeuner sur l’herbe pour le bien être de tous.
Lecteurs de ces lignes qui n’êtes pas venu à ce rendez-vous de convivialité, pleurez ! Vous avez raté un beau moment de vie en Ardèche parisienne.

A l’année prochaine…

Jean-louis Balandraud


<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<< VIVIERS…. LIEU DE VIE !…>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>

Nous sommes le 5 août 2009… Déjà, tôt dans la matinée, des dizaines de voitures sur les routes ardéchoises, voire drômoises, convergent vers la cité épiscopale du Vivarais, cette ancienne province devenue département de l'Ardèche et à laquelle elle a donné son nom. Un bien joli nom d'ailleurs, puisqu'il signifie "lieu de vie", notamment pour les poissons et crustacés… Les passagers de ces voitures qui entrent dans Viviers ont rendez-vous avec leurs compatriotes pour la sortie d'été annuelle de l'Amicale des Ardéchois à Paris, organisée en partenariat avec la Société de Sauvegarde des Monuments Anciens de l'Ardèche présidée par notre ami Guy Delubac. Comme nous vous l'avions annoncé dans le précédent numéro, le programme s'est très bien déroulé et toute cette journée fut un enchantement, avec le beau temps en prime. Et pour la cérémonie commémorative du traditionnel dépôt de gerbe au Monument aux Morts de la ville, nous avons été honorés par la présence de Madame Marie-Blanche Bernard, sous-préfet de Privas et secrétaire général de la Préfecture de l'Ardèche, aux côtés du maire de Viviers, M. François Louvet, et des représentants de l'autorité publique vivaroise (de Viviers). Pour les visites de la cité et de ses environs, nous avons été pris en charge par les professionnels du tourisme et historiens locaux, notamment Mesdames Yvonne Leclere (présidente de l'Office du Tourisme), Marie-Jo Castro et Claire Fouillant (guides de l'Office du Tourisme), Messieurs Yves Esquieu (universitaire, président du Centre International Construction et Patrimoine, ex Patrimoine du Vivarais), Paul Faure (responsable de la gestion du patrimoine immobilier du diocèse)…. Et grâce à notre président Pierre de Lafarge, nous avons vu la Cité Blanche et visionné un court-métrage de France Bonnet retraçant l'histoire de ce lotissement ouvrier des carrières Lafarge.
Lors du déjeuner servi dans la salle du réfectoire du Grand Séminaire, Pierre de Lafarge a été ravi de pouvoir remettre deux bourses Jean Nohain et une bourse Marc Seguin (chacune d'un montant de 1 500 euros) aux trois jeunes bacheliers sélectionnés par la commission spéciale de l'Amicale des Ardéchois à Paris. Enfin, cette belle journée fort enrichissante s'est terminée au château de Sainte-Concorde, propriété de Catherine et Pierre de Lafarge qui nous ont très aimablement reçus pour un apéritif convivial et… bien rafraichissant ! Puis les voitures du matin s'en sont reparties comme elles étaient venues, emportant avec elles le plaisir d'avoir passé ensemble de très bons moments. Merci à toutes les personnalités et organisateurs cités, à toutes les personnes qui les ont aidés, ainsi qu'à tous les participants : tous ont contribué à cette belle réussite !

Bernard VERNY


<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<< NOS TROIS BOURSIERS 2009 >>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>

Les heureux élus sont cette année Mlle Solenne LEGROS et MM. Mathieu FAYARD et Kévin LAURENT !… Ces trois bourses de 1 500 € chacune ont été attribuées lors du déjeuner au grand séminaire de Viviers, le jour de notre sortie d'été annuelle avec la Sauvegarde des Monuments Anciens de l'Ardèche. Voilà encore trois jeunes bacheliers ardéchois qui, grâce à l'Amicale des Ardéchois à Paris, vont pouvoir continuer leurs études supérieures sans être contraints de les arrêter pour raison financière. Et c'est tant mieux car leur projet professionnel est vraiment très intéressant… Voyez donc le petit tableau d'excellence ci-dessous :

<<<<<<< Solenne LEGROS
<<<<<<<( bourse Jean Nohain )

Originaire de Gras et sportive de haut niveau (vice championne de France d'équitation sur 120 km en 2008), elle va intégrer pour deux ans une classe préparatoire de biologie, chimie, physique et sciences de la terre à Lyon, afin d'entrer ensuite en école vétérinaire puis se spécialiser dans les animaux d'élevage. Elle espère ainsi pouvoir revenir un jour au pays et lui faire profiter de ses compétences… Elle a réellement la vocation !

<<<<<<< Mathieu FAYARD
<<<<<<< ( bourse Marc Seguin )

Originaire de Saint-Jean Chambre, il s'oriente vers des études de génie civil soit à l'I.N.S.A. de Lyon soit dans un D.U.T. et, à l'instar de Solenne, il souhaite vivement pouvoir s'installer plus tard en Ardèche pour contribuer au développement de ses infrastructures pour les transports, les édifices publics,etc. Il a l'air aussi bien décidé à réussir ce qu'il va entreprendre !

<<<<<<< Kévin LAURENT
<<<<<<<< ( bourse Jean Nohain )

Originaire de Beauvène, il va aller à l'université Pierre Mendès-France à Grenoble pour étudier la philosophie et epère bien obtenir sa licence pour intégrer un master philosophique "Religion et Société". Il voudrait décrocher un doctorat et présenter une thèse qui lui est chère dans ce domaine.

BONNE CHANCE À TOUS LES TROIS, ET À BIENTOT EN ARDÈCHE !


<<<<<<<<<<<< LES INSTITUTIONS MONASTIQUES EN VIVARAIS (3ème partie) >>>>>>>>>>>>>>>
Les <<<<<<<<<<<<<< NOTRE - DAME - DES - NEIGES >>>>>>>>>>>>

Laurent Haond

Suite de notre survol des institutions monastiques en Vivarais qui vise à convier les Ardéchois d'origine ou d'adoption à un voyage au cœur de notre beau pays ; depuis le Moyen Âge divers ordres religieux s'y sont implantés, participant activement au développement spirituel et économique de la région et marquant profondément son histoire. Après les abbayes cisterciennes, voici la suite de l'article de Laurent Haond sur la Trappe de Notre-Dame-des-Neiges dont le début a paru dans le dernier numéro de L'Ardèche Parisienne.

A Notre-Dame-des-Neiges, c’est en des lieux empreints de sérénité que quelques hôtes feront halte : Stevenson, en 1878, qui traduira les impressions de son passage dans son fameux Voyage avec un âne à travers les Cévennes. Charles de Foucauld y entre comme novice, en 1890. Après un séjour de sept années à Akbès, où il est enchanté par cette « merveilleuse et sainte pauvreté », il revient en 1900 pour prendre l’habit avant d’être ordonné prêtre un an plus tard et de repartir pour le Sahara en tant que missionnaire, où il connaitra une mort tragique en 1916.

Un gigantesque incendie va détruire l’abbaye des Neiges en janvier 1912 ; la statue de la Vierge va toutefois en réchapper. Le 2 juillet de la même année, la première pierre d’un nouveau monastère est posée, à quelques dizaines de mètres du précédent. Terminé en 1914, il sera transformé en hôpital pendant la Première Guerre mondiale. Les bâtiments détruits sont en partie reconstruits pour accueillir les activités économiques de l’abbaye.

Au cours du XXe siècle, c’est encore le vin qui assura la poursuite vitale de Notre-Dame-des-Neiges, du pressage à la commercialisation. Pendant longtemps, le raisin était récolté dans les propriétés de Saint-Julien de Cassagnas ; le vin était ensuite "monté" au monastère pour assurer son vieillissement, sa bonification. Une société, la SARL Notre-Dame-des-Neiges, permet aux moines de vivre de leur travail et à la communauté d’être financièrement indépendante. Après l’abandon de certaines activités, dont la ferme, deux grands secteurs subsistèrent jusqu’à ces dernières années ; si le sciage du bois fonctionne toujours, la vinification et la commercialisation du vin, fleurons de l’activité de l’abbaye pendant des décennies, ont finalement cessé il y a quelques années, car la rentabilité de l’entreprise n’était plus garantie sur ce segment de marché.

Pendant la guerre de 1939–1945, Robert Schuman, père de l’Europe, vient se réfugier au monastère. De grands travaux sont encore lancés dans les années 1960-70 : construction de l’hôtellerie, restauration des lieux réguliers, aménagement des caves. Ainsi aménagée, Notre-Dame-des-Neiges devient un fleuron de la vie monastique. Rythmée par les sept offices religieux, la journée des moines commence vers quatre heures du matin. A 4h30 a lieu le premier office au chœur, les Vigiles, le plus long de la journée, une heure environ, composé de psaumes et de lectures de la parole de Dieu. Entrecoupé de silences, il permet au moine de méditer. Après les Vigiles, le moine peut prolonger sa prière silencieuse ou s’adonner au scriptorium ou à la « lectio divina » dans la bibliothèque. A 7 heures, la communauté se retrouve dans le chœur de l’abbatiale pour les Laudes, avec la célébration de l’Eucharistie, simple en semaine, plus solennelle le dimanche et les jours de fêtes, mais toujours d’une grande sobriété, dans la tradition cistercienne. L’office de tierce est chanté à 9 heures, avant que les moines ne vaquent pour une grande partie de la matinée aux diverses tâches quotidiennes : cuisine, jardin, accueil, services et travaux divers à la cave, à la scierie, au magasin. À 12 h 15, l’office de Sexte rassemble la communauté à l’église, avant le repas pris en commun, en silence, tendis que l’un des moines donne lecture d’un texte sur des sujets très divers, qui vont de la spiritualité aux informations du monde.

A 13h00, les moines arrivent en chantant à l’office de none, et après une pause, ce sera le signal de la reprise du travail. Les vêpres, le grand office du soir, sont célébrées à 18h30, avant le repas, suivi d’un nouveau temps de prière et de la réunion au Chapitre. Dans la salle de ce nom, tous se retrouvent autour du père abbé. Chargé d’enseigner, il prend la parole pour un commentaire de la Règle ou un sujet spirituel. A 20 h 30, les Complies clôturent la journée de travail et de prière et à 21 heures, chacun retrouve sa cellule pour le repos de la nuit.

Dans l’histoire du monachisme cistercien à l’époque contemporaine, Notre-Dame-des-Neiges a joué un rôle singulier. Monastère fondé dans une solide et ancienne terre de chrétienté, sur les hautes terres d’Ardèche, il a abrité et abrite toujours une communauté soudée par une pratique et une spiritualité exigeantes. Dom Hugues, actuel abbé du monastère, veille attentivement à maintenir la tradition cistercienne aux Neiges.

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