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Journal de l'Amicale

Numéro 1061 - Janvier-février-mars 2010

Editorial
Macarons de Joyeuse
Banque Delubac
L'hiver dans la montagne en Vivarais

<<<<<<<<<<<<<<<< LE MESSAGE DU PRESIDENT >>>>>>>>>>>>>>

Chers amis ardéchois, je vous prie d’accepter tous mes meilleurs vœux de santé, de bonheur et de prospérité pour vous et les vôtres. La situation économique n’est pas encore très brillante mais elle permet beaucoup plus d’espoirs que l’année dernière à la même époque. Même si la situation s’améliore de nombreuses entreprises doivent encore faire face à des difficultés sévères. Ceci m’amène à vous parler de la société Bleu Blanc Rough qui édite notre journal depuis de nombreuses années.
Confronté à des mutations technologiques (le développement du web) et à la situation économique tendue, Bleu Blanc Rough a pris la décision courageuse de s’arrêter avant de mettre en difficulté ses partenaires. J’apprécie particulièrement ce geste et je tiens tout particulièrement à les remercier du travail qu’ils ont accompli pour nous. Nous avons la fâcheuse habitude de fournir les éléments du journal très tard, avec quelques photos manquantes, où… malgré cela, ils ont toujours fait l’impossible pour délivrer à temps notre journal, faisant même des tirages exceptionnels à 5 ou 6 heures du matin. Notre Amicale, reconnaissante, leur présente tous nos vœux pour cette nouvelle année.
Notre journal devra donc évoluer. Le prochain journal, le numéro 1062, sera différent. Le format et le nombre de pages vont changer (8 pages en format A4) pour pouvoir le diffuser facilement par internet (version pdf) à tous nos adhérents connectés, ainsi qu’à toutes les mairies ardéchoises, etc… Cette version sera en couleurs, avec plus de photos et elle permettra d’ajouter facilement des dossiers à thèmes sur notre Ardèche. Ce format permettra aux internautes qui le désirent de l’imprimer facilement. Nous conserverons une version imprimée en noir et blanc, au nouveau format, mais sans les dossiers, envoyée par courrier pour nos adhérents « classiques ». Revenons à nos activités. Depuis notre dernier journal nous avons eu le plaisir d'effectuer deux visites d’expositions, la collection Brukenthal au musée Jacquemart-André et le « siècle d’or hollandais » à la Pinacothèque. Nous étions respectivement 20 et 25 participants, soit le nombre maximum admis ce qui est encourageant pour le Président.

Notre fête de Noël, au cirque Diana Moreno Bormann, a connu son succès habituel. Le cirque, les cadeaux et la collation conviviale sur la piste font un ensemble sympathique qui a attiré presque 80 participants.

Notre Nuit du Vivarais sera présidée par Jean-Régis Chazallon, président du MEDEF Ardèche et sera orientée "vignoble et vin bio". La nuit sera vivante, avec des supports vidéo pour étayer les présentations. Nous écouterons aussi de nouveau avec plaisir Lyza Pyris et nous élirons une nouvelle reine , une ardéchoise sympathique et intelligente de première année de Science-po Paris. Je vous attends nombreux.

Nous vous invitons ensuite à visiter la Maison du Vitrail le samedi 23 janvier et 15 jours après la Nuit du Vivarais, nous vous proposons le spectacle des « Deux ânes » le samedi 13 février, en fin d ‘après-midi : « P’tit Coup de Pompe à l’Élysée » Au mois de mars, nous vous proposons le samedi 20 la visite du musée Gustave Moreau que nous avons dû annuler l’année dernière pour cause de grève et enfin n’oubliez pas notre assemblée générale du samedi 27 mars en fin d’après-midi. Pierre Herz, personnage sympathique et hors du commun, qui vous est présenté dans ce journal, vous dévoilera des choses intéressantes sur l’Ardèche.

Pierre de LAFARGE



<<<<<<<<<<<<<<<< UN NOUVEAU MEMBRE DE L'AMICALE RELANCE LE MACARON DE JOYEUSE <<<<<<<<<<< ET PROPOSE UNE VISITE : " AUX ORIGINES DU MACARON "»>>>>>>>>>>

L’histoire du Macaron de Joyeuse remonte à 1581, le 24 septembre de cette année le duc Anne de Joyeuse, mignon du roi Henri III, épouse à Paris en l’église Saint-Germain l’Auxerois Marguerite de Lorraine, belle-sœur du roi. Les festivités, organisées par Catherine de Médicis, mère du roi, sont grandioses et durent plus de quinze jours.
À cette occasion Catherine de Médicis fait servir une spécialité nommée "macaron" qu’elle a fait apporter d’Italie. Le duc tombe sous le charme et rapporte les macarons dans son duché où leur goût unique remporte l’adhésion.
Depuislors,, les pâtissiers du duché de Joyeuse ont su préserver et perpétuer au fil du temps cette prestigieuse tradition du macaron des Médicis, un savoir-faire dont le secret de fabrication est jalousement gardé.
La pâtisserie Charaix descend en droite ligne de cette corporation et, après plus de trente ans de bons et loyaux services, M. et Mme Charaix ont souhaité cette année prendre une retraite bien méritée et c’est un jeune Ardéchois parisien, accompagné par sa famille, qui relève le défi.
La famille Palanque est originaire de Dompnac non loin de Joyeuse. Laurent, le fils, après des études d’ingénieur a fait ses armes pendant une dizaine d’années au sein du groupe LVMH et c’est donc avec beaucoup d’envie, de passion et d’idées qu’ils entreprennent cette nouvelle aventure. Les objectifs sont multiples : perpétuer la tradition, faire connaître ce produit artisanal à la fois simple et gourmand et faire rayonner Joyeuse et les valeurs ardéchoises.
Le démarrage de l’activité semble prometteur et Laurent nous annonce que nous devrions bientôt retrouver les "Macarons de Joyeuse" dans plusieurs épiceries parisiennes dont certaines parmi les plus belles… On en salive d’avance.

Pour plus de renseignements :
Maison Charaix, avenue François Boissel, 07260 Joyeuse
Tel : 04 75 39 66 70
Couriel : lpalanque@maisoncharaix.com



<<<<<<<<<<<<<<<<< UNE BANQUE LIBRE ET INDEPENDANTE >>>>>>>>>>>>>>>>>

DELUBAC & COMPAGNIE >>>>>>>>>>>>>>>>>>

Banque indépendante créée en 1924 au Cheylard où elle a toujours son siège social, a fait les feuilles saumons du Figaro en septembre dernier.
Elle est dirigée par ses associés gérants M. BIALKIEWICZ et M. Jean-Michel Samuel depuis 1988.
La famille Samuel-Delubac, fondatrice de la banque, est toujours en poste. Les prestations sont le service bancaire aux entreprises sous procédure collective, l’administration de biens, la gestion des biens. Il s’y ajoute aujourd’hui la banque d’affaires.
Il y a vingt ans, de quatre collaborateurs, ils se retrouvent 150 aujourd’hui et dégagent un produit net bancaire de 50 millions d’euros.

Merci à ces aventuriers de la banque montés à Paris boulevard Haussmann, pour montrer le savoir-faire des Ardéchois. Merci à Jean-Michel Samuel, associé gérant, membre de notre amicale qui soutient financièrement les Ardéchois à PARIS.

BRAVO et MONTAREN TOUJOU !!

G.L.L.



<<<<<<<<<<<<<<<<< L'HIVER DANS LA MONTAGNE DU VIVARAIS >>>>>>>>>>>>>>>>>>

Laurent HAOND

Cette rudesse se manifeste par la rigueur hivernale, caractérisée par des froids vifs : à Sainte-Eulalie, décembre, janvier et février ont des moyennes mensuelles inférieures à 0° ; dans le même village, il n’est pas rare que novembre et mars soient encore inférieurs à 2°. Certaines années, des froids polaires sont enregistrés : -33° à Sainte Eulalie en février 1956. L’hiver dure partout longtemps sur les hauts plateaux : certaines années, on pouvait parler de 6 mois d’hiver à Sainte-Eulalie, de novembre à avril. Dans la Montagne du nord, certains paysans disaient même que le printemps est un second hiver, moins rude ; à Usclades, un proverbe relevait la longueur de l’hiver : « lou vingto-hué de maì, l’hiver s’èn vaì ».

Le gel est très fréquent sur les plateaux vellaves et vivarois : à partir de 800/900 mètres, la moyenne des jours de gelée se tient autour de 130/150 jours par an et atteint 182 jours à Sainte-Eulalie.

La rigueur de l’hiver se ressent aussi de la présence de la neige, bien que l’épaisseur de la couche et la durée du manteau soient très variables d’une année à l’autre. Ainsi, à Sainte-Eulalie, 110 jours de neige en moyenne mais 40 seulement en 1948/9 et plus de 5 mois en 2008/2009. On peut compter normalement sur 3 mois de neige, de décembre à mars, mais la durée s’élève à plus de 4 mois au-dessus de 1300 mètres, jusqu’en avril à Saint- Eulalie ou Lacham-Raphaël. Il ne tombe généralement que 20 à 50 cm par an, amenés avant tout par la Traverse, qui souffle de l’ouest, mais, certaines années, le manteau peut s’épaissir davantage, dépasser un mètre, parfois deux et plus, comme à fin janvier 1986 ou en février 2009. La neige en elle-même est plutôt la bienvenue, car elle protège le sol contre le gel. Tout disparaît sous la neige ; on est obligé d’indiquer en certains endroits par des colonnes de prismes basaltiques dressés, la direction des routes. Certains existent encore sur l’ancienne route du Pal, entre Usclades et les Jallades.

Et puis, il y a des anomalies climatiques concernant la neige qui méritent d’être contées ici : la neige d’été qui parfois fait une furtive apparition autour du 15 août, rendant le paysage « grisâtre » ; elle ne reste pas mais impressionne beaucoup : les gens du plateau pensaient qu’elle annonçait de grandes catastrophes. Un ancien de Sainte-Eulalie racontait cependant que dans les années 1910, les habitants du domaine de Villevieille n’ont pu sortir leurs vaches en juillet pendant deux jours tant la couche était épaisse ! Les 8 et 9 mars 1935, il tomba un mètre et demi de neige linéaire à Sainte-Eulalie (deux mètres vers les Sagnes) : la neige commença à tomber le samedi après midi pour ne terminer que le lundi, au début du jour. Enfin, après les hivers les plus rudes, il arrive que la neige « s’estive », c’est-à-dire qu’elle reste d’un hiver sur l’autre à certains endroits, se moquant de l’été. Ainsi, pendant l’été 1943, il restait de nombreuses congères dans les bois et forêts. Au Bleynet, près de Sainte-Eulalie, la neige était encore tellement haute au printemps que les arbres ne purent feuiller cette année-là !

Mais le relief sans obstacle, se prêtant admirablement à la grande course du vent, permet à la bise de soulever la neige en tempête : c’est la Burle, dont on ne compte plus les méfaits. Le principal peut-être est d’amasser d’énormes congères, hautes parfois de 6 mètres, qui sont un inconvénient majeur pour la circulation, car elles se reforment sans cesse, narguant l’effort incessant des chasse-neiges.

Le ciel et la terre se confondent, on y voit rien à quelques pas devant soi : jalons et traces disparaissent. La tourmente aveugle et suffoque l’homme égaré, qui, surpris, erre, se perd et meurt parfois à quelques pas de son habitation. Parfois, les voyageurs ne devaient leur salut qu’à une ferme ou une auberge isolée, comme la fameuse Peyrebeille ou le Camaret d’Usclades.

La tradition orale et les registres paroissiaux sont remplis d’anecdotes sur ces morts dans la Burle : les curés du Béage déclarent dans leurs registres que « le 8 février 1726 a été trouvé le corps de Gabriel Petit du Cayre, accablé de neige, au pré du sieur Vispron. Le 23 mars 1726 a été trouvé le corps de Jean Louis Avouac de Chanalettes qui était resté perdu dans la neige depuis la Saint Antoine dernier, au ruisseau des Saliardes, âgé de 20 ans ». Le curé Rivet de Montpezat note quelques années plus tôt : « l’an 1725 et le second jour du mois d’avril furent enterrés Jean Pierre Avouac et Augustin Combe : l’un de Montpezat, l’autre du Béage, morts à la côte du Pal par la rigueur du froid, le premier âgé de 30 ans, le second âgé de 25 ans ».

La Burle accentue terriblement l’isolement des fermes montagnardes : complètement ensevelis, les habitants d’un village ne communiquaient parfois entre eux que par de véritables tunnels ou par de larges cheminées. Ainsi, en janvier 1941, un jeune skieur qui se trouvait à Usclades assista à la levée du corps du curé du village : on fit glisser le cercueil, depuis la fenêtre du premier étage du presbytère, sur une congère qui se plaquait contre la bâtisse. Maintenant dégagés rapidement par le chasse neige, les routes étaient naguère bloquées plusieurs semaines ou déblayées à la main, pour faire « sauter » les hautes congères en certains points critiques.

Les problématiques liées à la Burle durent de longue date. Un mémoire adressé par le sieur Gendrain de Villefort à l’intendant des États du Languedoc, le 31 octobre 1751, démontre les méfaits de l’aciro ou la Sire (ancienne appellation de la Burle) sur le trafic muletier : « l’on voit sur nos montagnes, deux sortes de neige, la première a ses flocons plus grands que ceux de l’autre. Elle est gluante ou grasse, et là où elle tombe elle y demeure jusqu’à ce qu’elle soit fondue. L’autre neige est farineuse, légère, semblable à du menu son, et n’ayant point de consistance, elle est portée au gré du vent, d’un côté et de l’autre. Elle forme quelques fois des nuages, qu’on dirait de poussières, tels que ceux que l’on voit sur les bords de certaines rivières, lorsqu’il y fait des vents furieux. Cette action, ou mouvement de la neige farineuse, se nomme la sire en terme du pays. (…) Comme le vent du nord a régné violemment depuis le 16 de ce mois jusqu’au 24, les mulets chargés avaient eu peine de passer la Montagne parce que ces animaux craignent extrêmement la sire. (…) Et tous les muletiers que je questionne, tous les soirs, aux cabarets de la ville, ne font point de difficultés à affirmer que sans la sire, ils n’auraient pas été arrêtés un seul moment. (…) Les vieillards du long de la route prétendent n’avoir jamais vu une sire plus longue et plus opiniâtre, parce que le vent du nord n’a pas discontinué. Si la neige avait été de la première espèce, c’est-à-dire grasse, en fût-il tombé trois bons pieds (un mètre), j’ose assurer, que d’une aube à l’autre, le chemin aurait été déblayé par les paysans qui sont en grand nombre sur cette ligne et désoeuvrés dans la saison. Mais il y a un inconvénient quand il tombe de la neige farineuse, au moment que l’on veut l’enlever avec la pelle pour faire la trace s’il fait du vent la trace est bientôt recouverte par de la nouvelle neige et le travail devient inutile ».

Laissons la parole à d’Indy qui relate son arrivée à Lacham-Raphael avec Echeman, au milieu d’une tempête de neige, pour la Noël 1908 : « Bientôt nous voilà dans l’obscurité complète… et c’est le gros blizzard !... presque la tempête ; nous trimons dans la montée et, par deux fois, personnellement je suis renversé par le vent. Il est facile de s’égarer dans cette tornade de neige !... je sens pourtant qu’Echeman garde pleine confiance dans mon étoile et en ma connaissance du pays ; à tout prix je ne veux pas le décevoir… la bourrasque réduit notre allure… c’est long… nous constatons qu’il est déjà 22 heures … nous devrions être arrivés !! Malgré toute ma confiance, je sens venir l’inquiétude, mais tout à coup, j’ai l’impression, à bâbord, d’une masse qui pourrait bien être la bas du pic de Raphael … et maintenant, quelque cent mètres devant : une lumière ! sans doute une maison du petit La Cham ? C’est la victoire !... mais il faut s’en assurer. La maison près de laquelle nous arrivons a l’aspect d’un tas de neige et il faut, à bout de bras, la longue canne de skis pour réussir à frapper au carreau lumineux. Un remue-ménage à l’intérieur nous précipite en deux pas bien glissés devant le tunnel de neige de la porte située de l’autre côté du buron ; le « pagel » inquiet est déjà sur le seuil ; mais en nous voyant progresser rapidement, sans enfoncer dans cette neige profonde, il nous prend sans doute pour le malin, fait un grand signe de croix, nous tourne le dos et ferme sa porte avec fracas, sans rémission malgré notre insistance… Il faut nous résigner. En quelques minutes de marche vers le nord ouest, nous arrivons enfin, comme je le pensais bien, à Lacham-Raphael. Il y a tellement de neige que c’est à plat ventre, nous raclant le dos contre le haut de la porte, que nous entrons chez la mère Michel où nous allons passer la nuit après avoir dîné et nous être séchés au bon feu ».
La Burle détruit aussi les lignes électriques et téléphoniques, isolant d’autant plus les fermes. Elle fait aussi des dégâts considérables aux forêts : des milliers de mètres cubes de bois ont été abattus pendant l’hiver 1957-58. Les congères, quand elles se créaient au sommet d’une pente, pouvaient se détacher et générer des avalanches, phénomènes rares et plus alpins qu’ardéchois ! En 1848, le hameau de la Peyrouse, établi à 1000 mètres d’altitude dans les lacets de la côte du Pal, au-dessus de Montpezat, fut touché de plein fouet par une avalanche qui entraîna neige, rocher et boue sur les maisons couvertes de genêt, dont une fut rasée et les autres fortement endommagées, ce qui signa l’abandon définitif du hameau. La ferme de Soubeyroux au Cros de Géorand, sur les pentes du Tauron, disparut elle aussi sous une coulée de neige ; même chose en janvier 1918, à Laviolle où une avalanche souffle deux maisons tout comme en janvier 1922, à Borée, où une autre coulée ensevelit une ferme.

Les facteurs étaient bien exposés à la Burle qui pouvait se lever pendant leur tournée. De plus, quand la tourmente sévissait plusieurs jours de suite, ils n’avaient le droit de ne pas porter le courrier que pendant une journée ; ensuite, quelques soient les conditions atmosphériques, il fallait partir, parfois au péril de sa vie. Et bien sûr, toute la tournée se faisait à pied ou à ski. En hiver, deux facteurs se partageaient la tournée que faisait un seul titulaire en été. Après 1908 et l’avènement du ski à Sainte Eulalie, les facteurs profitèrent de ces nouveaux instruments de travail qui leur rendirent de grands services et atténuèrent leurs peines. Voici ce que disait le facteur de Sainte-Eulalie dans un discours d’avant 1914 aux officiers de Lunéville, dont d’Indy et Echeman, qui introduirent le ski en Montagne ardéchoise. « Pour se faire une idée du bienfait dont nous sommes l’objet, il faut se rappeler les jours trop sombres, hélas où une famille anxieuse est au coin du foyer, où chaque minute semble durer une heure et que le moindre bruit fait frissonner. Cette famille attend un de ses membres attardé dans la tourmente. Pour nous, facteurs, combien de fois se renouvellent ces anxiétés, nous qui tous les jours sommes exposés à la bourrasque ; aussi saluons nous avec joie cette innovation qui marquera comme une heure nouvelle sur nos montagnes. A vous, messieurs les officiers, toute notre reconnaissance ; mille fois merci pour toutes les peines que vous vous êtes imposées. Nous saluons en vous les insignes bienfaiteurs de l’humanité ».

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